Centre de Recherches et d'Echanges Interdisciplinaires sur la Promotion et la Diffusion des Arts et de la Culture

Centre de Recherches et d'Echanges Interdisciplinaires
sur la Promotion et la Diffusion des Arts et de la Culture

RÉCÉPISSÉ DE DÉCLARATION N°079/RDA/C16/SAAJP
Siège social : Nkongsamba 2eme, quartier Ekangté (Bloc CRTV)
BP: 525 Nkongsamba - Cameroun Tél : (+237) 699 47 47 60 / 678 35 39 01 / 242 68 65 59 / 678 65 47 75 / 696 94 77 02

CREIPDA

EXPOSE CONFERENCE DEBAT YOR ART 1ERE EDITION

Ajoutée :mercredi 10 août 2016 à 14h 03min 27s | Modifiée :mercredi 10 août 2016 à 14h 03min 27s

FESTIVAL  CULTUREL YO'R ART (UN JEUNE UN TALENT)

1ere EDITION DU 05 AU 10 FEVRIER 2015, ENIEG DE NKONGSAMBA

THEME: INITIATION DES JEUNES AUX METIERS DES ARTS ET DE LA CULTURE, FACTEUR DE L’EMERGENCE SOCIO-ECONOMIQUE DU CAMEROUN

SOUS-THEME 2 :

INITIATION DES JEUNES AUX METIERS DES ARTS ET DE LA CULTURE : ENJEUX DE LA FORMATION DANS LA DYNAMIQUE DE L’INSERTION SOCIO-PROFESSIONNELLE POUR L’EMERGENCE DU CAMEROUN A L’HORIZON 2035.

PAR : Dr Vendelin ABOUNA ABOUNA, Historien de l’Art, Chargé de Cours à l’Université de Douala/ Institut des Beaux-arts.

Introduction

Depuis la préhistoire, l’Homme, pour transformer son environnement, a eu recours à un certain nombre d’activités parmi lesquelles l’activité artistique. Si à cette époque très reculée de l’histoire de l’humanité l’art était plus l’expression des idées magico-religieuses et fonctionnalistes, de nos jours il évolue dans un cadre normatif où apparaissent de véritables corps de métiers. Ainsi, de très nombreux métiers de ce secteur exigent passion, talent et ténacité, pour une meilleure insertion socioprofessionnelle ; car vivre de son art n’est pas chose facile[1]. La question que l’on peut donc se poser est de savoir, quels sont les différents métiers liés à l’art et leurs opportunités d'insertion socioprofessionnelles ? Pour répondre à cette question, nous allons d’abord définir les  notions d’art et de culture pour mieux les cerner et lever toute équivoque d’ordre épistémologique. Ensuite nous allons présenter les différents métiers des arts enseignés (de façon non exhaustive bien sûr), enfin nous allons montrer les enjeux de la formation dans la dynamique de l’insertion socioprofessionnelle desdits métiers d’art. 

Aussi vieux que l’homme préhistorique, l’art désigne un ensemble d’activités humaines ayant trait à l’habileté à créer ou à arranger de façon originale divers éléments en un tout appelé œuvre, et dont  la perception agrémente les sens et procure à  l’intellect un sentiment momentané de bien-être. Dans son dictionnaire d’Histoire de l’art, Jean-Pierre NERAUDAU nous propose trois autres définitions de l’art ; pour lui, l’art est d’abord un ensemble de moyens et des règles permettant d’atteindre à la réalisation d’un objet défini. Ensuite c’est l’adresse à manier ces moyens et ces règles ; enfin ce sont des œuvres obtenues par la mise en œuvre adroite de  ces moyens et de ces règles[2].

Quant à la culture, elle désigne l’ensemble des manifestations intellectuelles du phénomène humain, comportant la fabrication des outils, l’aménagement des habitats et des sépultures, la production de l’art visuel et auditif, l’organisation du territoire et de la chasse, etc.[3]

Au vue de toutes ces définitions, on peut donc conclure que l’art, conçue pour produire  une émotion esthétique et jouer une fonction cathartique chez le récepteur, est un sous-produit de la culture qui elle-même est consubstantielle à toutes les activités intellectuelles de l’humanité inscrites dans un cadre spatio-temporel bien défini.

 L’art se diversifie en beaux-arts, donc, de façon classique, en architecture, sculpture, peinture,  musique, danse, poésie, etc. Avec l’évolution de la science et des technologies, d’autres arts sont nés tels que l’opéra, la photographie, le cinéma, la bande dessinée, la télévision et même la radiodiffusion.

        En fait, les arts s’engendrent  tellement les uns des autres que l’on ne saurait épuiser leur répertoire. Par ailleurs, la tendance de l’art est de s’étendre  à tous  les métiers  dans la mesure où ceux-ci exigent autant d’habilité  technique que  de finesse.

II-Présentation des différents métiers des arts et de la culture

II.1.Les métiers des Arts plastiques et/ou visuels

 Les Arts plastiques sont un ensemble des arts producteurs et reproducteurs des formes et des volumes. Classés dans la grande famille des arts visuels, ils regroupent à cet effet le dessin, la peinture, la sculpture, l’architecture, la vannerie, le stylisme modélisme, la décoration, etc. Ces différentes formes d’art, sont génératrices de plusieurs métiers. Sans avoir la prétention de les répertorier tous, voici les plus représentatifs : le métier d’artiste plasticien (ne), d’architecte, d’architecte d’intérieur, d’architecte paysagiste,  de céramiste, d’iconographe, de dessinateur (trice), d’illustrateur (trice), de graveur, d’infographiste 2D-3D, de graphiste, de professeur (re) d’arts plastiques, de photographe, etc. Il faut préciser ici que chaque jeune sorti des écoles de Beaux-arts ou former ailleurs, peut se spécialiser dans l’une de ces formes d’art et en faire un métier.

            II.1.1.Le métier d’Artiste plasticien (peintre et sculpteur)

L’artiste plasticien, base son travail sur des techniques et des matériaux variés, dits “plastiques”. Sculpture, peinture, dessin, gravure, etc. si les supports changent, le but reste le même : créer, avec passion et faire connaître (et reconnaître) son art. Mais il faut bien avouer que vivre de ses œuvres n’est pas chose facile: la notoriété ne vient pas comme par enchantement et le marché de l’art est soumis aux modes et aux tendances nouvelles, ce qui rend le métier un peu complexe.  De plus, l’artiste ne peut plus se contenter de créer, seul, dans un recoin de son atelier. Il doit être un véritable commerçant pour démarcher les galeries, communiquer… et exister !

           II.1.2. Le métier de dessinateur (trice) de BD.

Vivre de ses planches n’est pas une sinécure ! Les quelques dessinateurs[4] qui y sont parvenus ont souvent traversé le désert avant d’être reconnus (cf. histoire de la jeune ELYON). Le dessinateur de bande dessinée travaille généralement avec un scénariste et parfois un coloriste. Pour vendre son projet, il présente aux éditeurs un synopsis assorti de quelques planches et des croquis des personnages principaux…
            II.1.3. Le métier de professeur d’arts plastiques

De la classe de sixième à la dernière année des Beaux-arts en passant par l’université et les sections de BTS des lycées (comme c’est le cas en France) , cet enseignant[5] intervient à tous les niveaux scolaires pour faire découvrir des techniques aux apprenants et dérouler l’histoire de l’art.
Dans le supérieur, il est souvent spécialisé dans une technique donnée (sculpture, peinture, dessin, céramique, etc.).

II.1.4. Le métier d’illustrateur (trice)

Qu’il conçoive des images pour la pub, la presse ou l’édition, l’illustrateur fait passer son message en quelques coups de crayon. À partir d’indications fournies par ses clients (il travaille le plus souvent en indépendant), il crée tout un univers graphique à base de personnages, d’atmosphères et de décors originaux. Son style dans l’exercice de son job fera toute la différence.  Dans l’édition (livres pour enfants, bandes dessinées, etc.), l’illustrateur est souvent à l’origine du projet. Sa liberté d’expression et de ton est illimitée. Mais, face à certains directeurs artistiques ou éditeurs, il faut parfois faire et refaire les crayonnés (croquis) avant d’arriver au résultat escompté. Pour pouvoir vivre de son travail, cet artiste doit savoir vendre son talent et son originalité. Aujourd’hui, il est indispensable d’avoir un site Internet qui peut etre pour lui une tribune pour sa visibilité à l'échelle planetaire.

        II.1.5. Le métier d’infographiste 2D-3D

C’est un peu le “papa” des personnages d’un jeu vidéo. Grâce à sa souris et à son clavier, ce professionnel de dessin et de l’informatique leur donne naissance et dessine l’environnement artistique dans lequel ils vont évoluer. Son imagination reste guidée par les indications très précises du scénario et du story-board, remis par le ‘’game designer’’. Première étape de son travail : la réalisation de croquis. Ensuite, l’infographiste les anime sur ordinateur, les habille de couleurs, de texture, et peaufine leur mouvement. Il peut travailler en 2D ou en 3D. Aujourd'hui on parle même de ''motion design''

II.1.6.Le métier d’architecte

Qu’il s’agisse d’un immeuble, d’une maison individuelle, ou d’un bâtiment public, l’architecte est chargé des différentes phases de la réalisation de chacun de ces ouvrages : de la conception jusqu’à la réception des travaux. De ce fait, il doit tenir compte des contraintes techniques et financières.

Engagé par un client privé ou public, l’architecte réalise tout d’abord une étude de faisabilité sur le terrain. Puis il fait une première esquisse du projet sous forme de plans précisant l’implantation et la répartition des volumes. Il doit prendre en compte à la fois les contraintes d’ordre réglementaire (techniques et urbanistiques) et les exigences du client (budget, type de travaux, délais de livraison, et autres aléas).

Après accord du client ou du commanditaire, il réalise un avant-projet qui indique le type de matériaux, les couleurs choisies, les surfaces à construire (cadre technico-artistique), l’estimation globale du coût des travaux et les délais de réalisation. Il dépose ensuite un dossier avec les caractéristiques générales du bâtiment pour obtenir un permis de bâtir.

L’architecte dessine les plans d’exécution. Il contacte plusieurs entreprises du bâtiment et examine les différentes propositions qui lui sont faites avant de faire son choix (il compare les prix, les qualifications de l’entreprise). Il rédige un document détaillant la nature des prestations de chaque corps de métiers (maçons, menuisiers, électriciens, etc.) ainsi que les caractéristiques des matériaux préconisés qu’il remettra à l’entrepreneur ou à l'ingénieur avec le plan de l’avant-projet. Ce n’est qu’au terme de tout ceci que les travaux peuvent alors commencer. Aussi assure-t-il la direction technique de la réalisation d'un ouvrage du génie civil. Il les coordonne jusqu’à la réception dudit ouvrage.

La majorité des architectes travaillent en secteur libéral. Les autres sont salariés dans une agence. Quelques-uns exercent dans le cadre de la fonction publique d’Etat ou territoriale comme c’est le cas au Cameroun et même ailleurs.

II.2. Les métiers de Cinéma et de l’audiovisuel

II. 2.1.Le métier de Réalisateur (trice)

Au cinéma, le réalisateur est souvent à l’origine du projet de film, parfois même du scénario : c’est le chef d’orchestre d’un film. À la fois auteur, technicien et manager, le réalisateur coordonne toutes les étapes de la création d’un long-métrage, depuis la recherche d’un producteur jusqu’au montage et au mixage final. Il peut même participer à la promotion du film aux côtés des acteurs, lorsque son nom fait figure de référence.

Le métier de réalisateur prend toute son importance sur un plateau de tournage : il doit, dans un délai limité, mener techniciens et acteurs vers ce qu’il désire tout en coordonnant le travail de chacun. Pour relever ce véritable défi, il peut compter sur des assistants réalisateurs qui prennent en charge la préparation du tournage et veillent à son bon déroulement.

À la télévision, le rôle du réalisateur de plateau est plus technique, moins créatif, puisqu’il s’agit avant tout de superviser la préparation, puis l’enregistrement des émissions en se conformant aux directives du producteur. Sélection des participants, choix des décors et du générique, position des caméras… il doit tout prévoir, parfois dans les menus détails.

Durant l’enregistrement ou le direct, installé en régie, il donne des indications de prises de vues aux cadreurs, par micro et oreillettes interposés. Il est en contact direct avec la plupart des métiers qui font un film, du producteur aux techniciens en passant par les comédiens.

         II.2.2. Le métier de scénariste

Loin des caméras et des plateaux de tournage, le scénariste invente des histoires pour le cinéma et la télévision. À la demande d’un réalisateur ou d’un producteur, il tisse la trame du futur film. Il y a autant de manières de concevoir un scénario qu’il existe de scénaristes. Mais dans tous les cas, le travail consiste à construire une histoire, des personnages, des dialogues…  À noter : certains scénaristes sont spécialisés dans l’écriture des dialogues. Selon le sujet, le scénariste se documente pour nourrir son imagination et décrire certaines scènes.
À la télévision, mesure d’audience oblige, il doit, en plus, tenir compte des attentes des téléspectateurs. Les scénaristes de télévision travaillent souvent en équipe et dans l’urgence.

            II.2.3. Le métier de monteur

Pour tirer 15 minutes de film à partir de 20 heures de rushes, le monteur passe des journées entières, les yeux rivés sur son banc de montage numérique. Il commence par visionner l’ensemble des images et en fait une sélection minutieuse, ne gardant que les prises de vues les plus intéressantes. Doté d’un sens artistique aigu, mais aussi d’un sens du rythme, il fait ensuite un premier montage qu’il affine peu à peu. Il met en place d’éventuels effets, puis synchronise la bande-son avec les images. Durant le montage, le réalisateur n’est jamais loin pour superviser cette étape essentielle de la construction d’un film télé ou cinéma.

Spécialisé dans les effets, le monteur truquiste fait, quant à lui, l’habillage des chaînes et des émissions télévisées, et est omniprésent dans la publicité. À l’aide de logiciels d’images et d’effets spéciaux, entouré d’infographistes et d’animateurs 2D ou 3D, il déforme les perspectives, incruste des personnages, superpose des images…

II.3. Les métiers de spectacle et métiers de la scène

II.3.1.Le métier de danseur (se)

Les recherches scientifiques et même l’observation empirique faites dans ce domaine montrent que le métier de danseur est peut-être l’un des métiers du spectacle les plus rigoureux et exigeants. Tel un sportif de haut niveau, le danseur doit entretenir son corps et avoir une hygiène de vie irréprochable. Pour les ballets classiques par exemple, l’apprentissage, particulièrement long, nécessite de débuter très jeune dans un conservatoire de danse. Seuls les plus talentueux parviennent alors à intégrer les opéras ; c’est le cas du  prestigieux Opéra de Paris, berceau des futures étoiles. Idem pour la danse contemporaine. C’est aussi le cas du ballet national du Cameroun, qui recrute également les plus talentueux. D’une manière générale, les chorégraphes sont très exigeants, les répétitions épuisantes et les revenus aussi incertains que modestes, ne motivent pas un grand nombre de personnes à y faire carrière.

II.3.2. Le métier de musicien(ne)

Le métier de musicien offre plusieurs perspectives d’emploi. Certains choisissent de se consacrer à la scène : ils sont solistes ou instrumentistes dans un orchestre classique ou dans un groupe (bikutsi, makossa, bensikin, rap, rock, variété, etc.). D’autres préfèrent les studios et travaillent uniquement pour les œuvres enregistrées (albums, musiques de film, publicité).

       II.3.3. Le métier de comédien(ne)

Le Théâtre, le cinéma et la télévision sont les trois principaux domaines d’activité des comédiens. Pour ''joindre les deux bouts'' comme on le dit communément, beaucoup d’artistes doivent multiplier les expériences, voire travailler dans des secteurs moins “nobles”, comme le théâtre d’entreprise, le doublage ou les tournages de pub.

Si le talent est primordial, il faut aussi une certaine disposition d’esprit et une extraordinaire persévérance pour enchaîner castings et stages auprès des metteurs en scène et réalisateurs… Quel que soit le parcours, le jeune comédien devrait s’attendre à des hauts et des bas, car la concurrence est rude et la gloire rarement au rendez-vous.

           III. Les enjeux de la formation dans la dynamique de l’insertion socioprofessionnelle dans les métiers d’art suscités

           III.1. Les métiers des Arts plastiques et leurs opportunités d’insertion                                     socioprofessionnelle 

Les jeunes formés dans les domaines artistiques suscités, pour leur insertion socioprofessionnelle, peuvent s’organiser de deux manières : -par la création des ateliers ou des micro-entreprises de production artistique individuels ou collectifs d’une part; et par la recherche d’un emploi rémunéré dans le public, le parapublic ou le privé d’autre part.

- La création des ateliers ou des micro-entreprises de production artistique individuels ou collectifs 

Par le biais de l’auto-emploi comme artiste (peintre, illustrateur ou dessinateur, sculpteur, designer, webdesigner, créateur de dessins animés, créateur de bande dessinée, etc.), le (la) plasticien (ne) crée des œuvres dans son atelier qu’il (elle) livre aux commanditaires ou vend  par l’entremise des expositions à l’échelle nationale ou internationale. Aussi faut-il se faire connaitre, produire des œuvres de très bonne facture esthétique et stylistique et traiter des sujets d’intérêt universel.

Le regroupement en Association ou en GIC et la création des PEME dans le domaine culturel, peut permettre aux plasticiens de bénéficier des subventions de l’Etat ou des Organismes internationaux. Ce qui permettra de vivre de son savoir-faire.

-Les emplois salariés dans le public, le parapublic et privé

L’artiste plasticien(ne) diplômé et compétent, peut bénéficier d’un recrutement à la Fonction Publique (personnel du ministère des arts et de la culture, des enseignements secondaires et de l’Enseignement supérieur[6]-(où il devient enseignant d’arts plastiques), du ministère des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat, du ministère de la santé publique, du ministère de la communication[7] ; etc.).

Dans le secteur parapublic et privé, les plasticiens peuvent également travailler comme personnels permanents, en vue de l’expertise technique qu’ils peuvent apporter dans le domaine artistique et culturel. Par exemple des organismes internationaux comme l’OMS, le PNUD, l’UNICEF pour ne citer que ceux-là, ont des politiques culturelles et artistiques inhérentes à leurs missions ; aussi ont-ils besoin le plus souvent des produits artistiques comme les tableaux, les illustrations ou les dessins d’art pour la communication de masse.

Tous ces emplois rémunérés donnent à l’artiste des moyens financiers et matériels lui permettant de vivre décemment de son savoir-faire ceci de manière concrète. On peut donc conclure à ce niveau qu’il existe des enjeux véritables inhérents à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes qui sont formés dans ces domaines.

III.2.En Cinéma et audiovisuel

Les jeunes formés  en Cinéma et audiovisuel, ont eux aussi plusieurs possibilités d’insertion socioprofessionnelle : il y a l’auto-emploi ou le travail en freelance, et la possibilité d’avoir un emploi salarié dans le public, le parapublic ou le privé.

- L’auto-emploi ou le travail en freelance 

Ici, l’enjeu de l’insertion socioprofessionnelle est possible mais elle exige un certain nombre de condition à remplir ; par exemple mettre sur le marché un produit de qualité et mettre sur pied une bonne stratégie du marketing.

 Mettre sur le marché un produit de qualité

Depuis sa naissance, le cinéma a eu une vocation commerciale[8]. C’est pourquoi il est à juste titre considéré comme une entreprise de type culturel et le produit qu’il offre ou qu’il vend est le film ou mieux les produits audiovisuels. Le cinéaste qui est le fabricant a le devoir s’il veut voir ses produits être consommés, de s’assurer de leur qualité. Puisque nous sommes dans le domaine de l’art,  le cinéaste doit faire preuve de beaucoup de créativité, éviter de sombrer dans la platitude et le déjà vu qui dégoûteraient le public.

Lorsqu’un film est de meilleure qualité (bon scénario, bonne conduite de l’intrigue, bonne interprétation des rôles, emploi savant du langage cinématographique etc.) alors, le public est satisfait et n’hésite pas à faire le plein des salles de projection ou à acheter une copie  originale  pour un visionnage en privé. En clair, un beau film génère forcément beaucoup d’argent. Ce qui permet au cinéaste d’être à l’abri du besoin.

-Mettre sur pied une bonne stratégie du marketing

Cependant, le tout n’est pas de réaliser de beaux films. Comme tout produit commercial, il faut faire une publicité autour du film à travers la télévision, la radio, la presse, les conférences, question de faire connaître le film à un large  public et de l’inciter à la consommation. Si le film ne fait pas l’objet d’une publicité minimum, sa sphère de consommation sera limitée, et comme conséquence logique, on assistera à de faibles ventes. Un cinéaste peut donc réaliser de beaux films et demeuré pauvre. Le volet publicité est donc à prendre à tout prix  en compte par les cinéastes dans leur budget de production.

-Possibilité de faire le cinéma institutionnel

 Un autre moyen capable de faire vivre  les jeunes une fois formés, consiste  pour ceux-ci à se tourner vers le cinéma institutionnel. Puisque les films de fiction demandent de gros moyens financiers qui ne sont pas toujours disponibles dans notre contexte, ils peuvent se tourner vers la réalisation des documentaires destinés à des institutions nationales, sous régionales voire internationales. Tenez par exemples : un documentaire bien réalisé sur l’éducation des peuples marginalisés peut bien être  acheté par l’UNESCO.

Un documentaire sur la vie des refugiés au Cameroun est le bienvenu à la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme par exemple ; ou sur le football qui peut faire l’objet d’un grand intérêt, non seulement aux agents de joueurs, mais aussi à la FECAFOOT ou même à la FIFA.

 A défaut de proposer des produits finis, nos jeunes formés dans le domaine des arts et de la culture, une fois sur le terrain peuvent se rapprocher de ces institutions avec des projets cinématographiques bien montés et axés sur leurs préoccupations. L’institution bénéficiaire peut alors  se charger de financer la production et de payer aussi le cinéaste pour son idée et son appui technico-artistique. A ce moment, le cinéaste se présente comme un prestataire de services au même titre qu’une société de gardiennage ou une agence de voyage ou encore une société des bâtiments et travaux publics.

Au demeurant, avec un effort de créativité, une organisation dans le travail et le soutien de l’Etat à postériori, les jeunes cinéastes formés peuvent vivre décemment de leur art au même titre que tous les autres Camerounais qui exercent dans d’autres secteurs d’activités.

-Les emplois salariés dans le public, le parapublic et privé

Tout comme les  plasticiens(nes), nos jeunes cinéastes formés peuvent bénéficier d’un recrutement à la Fonction Publique (personnel du ministère des arts et de la culture, où il existe une direction de la production cinématographique, et de l’Enseignement supérieur-(où ils deviennent enseignants de scénario, de critique cinématographique et télévisuel, d’analyse filmique, d’histoire du cinéma et de la télévision, etc.), du ministère de la santé publique, du ministère de la communication ; etc.).

Dans le secteur parapublic et privé, les cinéastes peuvent également travailler comme personnels permanents, par exemple dans les organismes internationaux comme l’OMS, le PNUD, l’UNICEF pour ne citer que ceux-là, où leur savoir-faire cinématographique peut être utile ; par exemple dans la production des films documentaires dans le domaine de la santé, etc.

III.3.Les autres arts

Ce que nous avons dit concernant les arts plastiques et le cinéma est valable pour les autres formes d’art à savoir le théâtre, la musique, la chorégraphie, la photographie, l’architecture, etc. Cependant quelques spécificités méritent d’être soulignées pour certaines formes d’art de ce dernier groupe.

Par exemple pour le théâtre, les metteurs en scènes et les comédiens formés peuvent vivre de leur art en s’orientant dans ce qu’on appelle le "théâtre pour le développement" qui consiste à monter des pièces de théâtre traitant des sujets liés au développement (par exemple traitant les problèmes de santé publique,-SIDA, paludisme, choléra, etc.-) Cette forme de théâtre semble être rentable de nos jours.

Quant aux musiciens, en dehors de faire une musique de très bonne qualité, les jeunes formés peuvent s’orienter dans une musique spécialisée à l’exemple de la musique des films, de la musique publicitaire, les génériques, etc.) Le graphiste ou l’infographe, lui, peut exercer en agence, en studio de création, ou dans une rédaction de magazine. Il peut aussi être free-lance et travailler à la commande.

En dehors des grands éditeurs, les débouchés de la formation en BD sont dans la pub, la communication, le cinéma d’animation, le multimédia et les jeux vidéo.
    

Conclusion

Au terme de cet exposé, nous pouvons retenir que dans le domaine de la formation artistique qui se fait dans les écoles des Beaux-arts, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes est une réalité concrète : c’est du domaine de la professionnalisation pure.  Cependant, cette insertion socioprofessionnelle est possible à condition que le jeune formé, prenne lui-même son destin professionnel en main en inscrivant ses créations dans une logique de respect des règles et normes inhérentes à son métier, de l’originalité, de l’innovation et de la compétence; c’est à ce moment qu’il peut réellement s’insérer dans la vie active et vivre décemment de son art en tant que produit commercial que le public peut consommer.

Vendelin Abouna Abouna, Ph. D en histoire de l’art, expert en Arts plastiques

 


Notes et références

[1] Il faut noter ici que les professions les plus médiatisées, qui attirent un grand nombre de jeunes, ne sont pas forcément les plus accessibles. En France par exemple, les études ressentes ont montré que près de la moitié des 52.000 artistes plasticiens exercent une seconde activité professionnelle pour assurer leurs fins de mois. Du côté de la création, les professionnels qui s’insèrent le mieux sur le marché de l’emploi sont les artistes polyvalents qui acceptent de mettre leur créativité au service de la communication, du marketing ou de l’industrie.

[2] J.P.NERAUDAU, Dictionnaire d’histoire de l’art, Ed. Quadrige/PUF, Paris, 1996, p. 26.

[3] Cf. Jean-Pierre MOYEN, Les sciences du patrimoine. Identifier, conserver, restaurer, Ed. Odile Jacob, Paris, 1999.

[4] En France ils sont au nombre de 600.

[5] Il enseigne 17 heures (s’il est agrégé) ou 20 heures (s’il est certifié) par semaine. (cas de la France)

[6] Enseignants d’arts plastiques dans les lycées et collèges et institutions universitaires (initier les élèves et étudiants à l’éducation esthétique et plastique) 

[7] Ici, les artistes plasticiens sont mieux placés pour traiter les problèmes de communication par l’image ; d’une manière concrète, les plasticiens peuvent offrir leur service dans : - les imprimeries (concepteurs graphiques ; graphic designer, etc.),- les maisons d’édition (dessinateurs ou illustrateurs) ;

- la presse écrite et audiovisuelle (caricaturistes ou illustrateurs, journalistes culturels et animateurs des émissions culturelles);

[8] La première projection cinématographique qui a eu lieu le 28 décembre 1895 dans le sous-sol  du Grand Café qu’on nommait le Salon Indien à Paris fut payante au prix de 30 francs francais de l'époque.

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